3 août

(5 références)

 

  St Nicodème (1er siècle)

 

De tous les pharisiens, docteurs de la Loi et membres du Grand Conseil, le Sanhédrin, c'est l'un de ceux qui inspirent le respect et l'amitié. Dès que Jésus parut, il vit en lui " un envoyé de Dieu". (Jean 3. 1 à 15) Il était encore craintif, mais sa foi était si grande que le Christ lui révèla les splendeurs de la nouvelle naissance par la grâce du Baptême. Il eut le courage quelques mois plus tard de défendre publiquement le Seigneur devant le Sanhédrin :" Peut-on condamner un homme sans l'avoir entendu ?" Grâce à lui et à son ami Joseph d'Arimathie, le corps du Seigneur ne sera pas jeté dans la fosse commune des malfaiteurs et, pour l'embaumer, ils achetèrent ensemble cent livres de myrrhe et d'aloès, en l'attente de la résurrection trois jours plus tard.

 


  Ste Salomé (1er siècle)

icône contemporaine

Epouse de Zébédée, un des patrons pêcheurs de Bethsaïde, mère des apôtres Jacques et Jean, elle était de celles «qui suivaient Jésus et le servaient». Elle cherchait la meilleure place pour ses enfants, quelle mère n'en ferait pas autant (Matthieu 20. 17 à 28) ? Mais au jour de la Passion, elle était au pied de la Croix, alors que ses enfants n'y étaient point, et elle vint à l'aube du matin de Pâques au tombeau pour y apprendre la Résurrection du Seigneur.

  St Bennon (+940)

Fils d’un couple fortuné de la Souabe (Allemagne), il choisit de quitter sa famille pour entrer comme chanoine à la cathédrale de Strasbourg. Mais il aspirait à davantage de solitude et décida donc de partir pour le Mont Etzel, au canton de Schwyz (Suisse), où il s’installa dans l’ermitage qui avait auparavant été occupé par St Meinrad. Il attira rapidement des disciples, et une importante communauté se constitua sur des terres qui lui furent offertes par Adalbéron, l’évêque de Bâle. En 925, Bennon fut appelé par l’empereur Henri l’Oiseleur pour occuper la charge d’évêque de la ville de Metz. Cependant, le peuple était contre ce choix, opéré au détriment du prétendant naturel local. Malgré tous ses efforts pour se faire accepter de son troupeau, Bennon ne réussit pas à vaincre l’hostilité à son égard. Il fut d’ailleurs victime d’un acte de barbarie perpétré par un groupe de citoyens qui lui mutilèrent cruellement les yeux. Devenu aveugle, il abandonna sa charge et rejoignit son ancienne communauté où il termina ses jours entouré des soins de ses frères. Le lieu de son ermitage se développa ensuite pour devenir l’abbaye d’Einsiedlen.

  Rashi (1040-1105)

En 1105, le 29 de tammuz selon le calendrier juif, meut à Troyes, après avoir calligraphié le mot « pur », Rashi, un des plus grands interprètes de la Bible et du Talmud au Moyen Age. Rabbi Shelomo ben Itzhaq – d’où l’acronyme Rashi – était né à Troyes dans une famille de savants talmudistes. Après ses études dans les académies rabbiniques de Worms et de Mayence, il revint à Troyes et trouva du travail dans une entreprise vinicole juive. De l’heureux mariage entre sa vaste culture et son amour pour la terre et les réalités simples et humaines, Rashi tira l’inspiration pour se livrer à la rédaction de splendides commentaires des Écritures juives et des textes talmudiques. Dans un style simple et profond, il s’employa de tout son être à en clarifier les passages obscurs, et la postérité dira de lui, à juste titre, que « sans Rashi, Israël aurait perdu la possibilité de comprendre le Talmud babylonien ». Vers 1070, Rashi créa sa propre yeshiva (académie pour étudiants), où accoururent des disciples de tous les coins de France. Très haut partisan de la vérité et d’une extrême cohérence morale, il sut enseigner, en joignant le geste à la parole, l’humilité et la compréhension pour les faiblesses humaines. Ses commentaires trouveront aussi, au cours des siècles suivants, un accueil favorable auprès des exégètes chrétiens, reconnaissants envers le maître de Troyes, qui leur a permis, par sa parole lumineuse, de comprendre le Premier Testament. Rashi mourut à Troyes, peu avant les massacres des juifs commis par les premiers croisés, dont il avait prédit la défaite. (Bose)

  Alexandre Soljenitsyne (1918-2008)

"Les victoires sont nécessaires aux gouvernements, les défaites aux peuples. Après la victoire, on veut d'autres victoires encore ; après une défaite, on veut la liberté, et généralement on l'obtient. Les défaites sont nécessaires aux peuples comme les souffrances et les malheurs à l'individu ; ils vous obligent à approfondir votre vie intérieure, à vous élever spirituellement."

Avec ses yeux rusés et son sourire formidable, sa stature de géant et sa pugnacité, Soljénitsyne (1918-2008) surgit des profondeurs de l’U.R.S.S. pour apporter au monde une grande bouffée d’air pur. Ce fils de la révolution était un communiste romantique avant d’expérimenter dans sa chair l’arrestation arbitraire et la dure réalité des camps (1945-1953). C’est là qu’il conquit sa liberté intérieure, ouvrant les yeux sur l’envers du système. En 1962, il publia Une journée d’Ivan Denissovitch mais se vit bientôt contraint de poursuivre son travail de façon clandestine. Livre après livre, l’écrivain génial déploya une écriture novatrice et une critique de plus en plus radicale du régime, jusqu’à L’Archipel du Goulag en 1973. Sûr de sa mission, il savait que la force du verbe pouvait ébranler des empires et réveiller des consciences endormies. L’art ne ment pas. Par-delà les mots, il dévoila des réalités spirituelles, la dignité de l’homme et la primauté de Dieu. Au terme d’un éprouvant duel avec les autorités soviétiques, Alexandre Issaïevitch fut expulsé en 1974. Il s’exila en Suisse puis aux États-Unis où il se consacra à la rédaction de La Roue rouge qui sondait les origines du drame russe. Très critique envers l’Occident qu’il jugeait lâche et matérialiste, Soljénitsyne n’eut pas peur de porter une parole de contradiction, sans compromission avec la vérité. Une œuvre savoureuse, subtile et stimulante qui jaillit des entrailles mêmes de la vie.

jour précédent jour suivant