14 avril

(5 références)

 

St Bénezet (+ 1184)

Fils d’un couple modeste de la Savoie (ou de l’Ardèche selon d’autres sources), Bénézet est employé comme berger sur les bords du Rhône. Un jour, alors qu’il est âgé de quinze ans seulement, se produit une éclipse du soleil qui l’effraie autant que ses moutons ; puis soudain une voix douce jaillit des ténèbres et lui demande de bâtir un pont sur le fleuve, au niveau de la ville d’Avignon. Bénézet déclare qu’il ne peut pas laisser son troupeau sans surveillance ; la voix lui répond alors qu’elle enverra un ange pour en prendre soin pendant qu’il s’acquittera de sa mission. Il part alors demander l’aide de l’évêque ; ce dernier, sceptique, lui impose une épreuve : transporter (en présence de nombreux témoins) une énorme pierre (qui pèse plusieurs tonnes) à l’endroit où doit être bâti le pont. Bénézet soulève alors miraculeusement le rocher et le dépose dans le lit du fleuve en déclarant qu’il constituera la pierre de fondation du pont. Plusieurs miracles se produisent à la suite de ces événements et Bénézet reçoit l’aide nécessaire pour bâtir son pont. Il n’a cependant pas la chance de voir l’accomplissement de son œuvre puisqu’il décède deux ans avant que le pont soit achevé.

Ste Lydwine de Schiedam (+ 1433)

icône contemporaine

Originaire de Schiedam en Hollande, elle naquit dans une famille modeste. Jusqu'à quinze ans, elle fut bien portante. En patinant sur la glace, elle se blessa et dut s'aliter. A partir de ce jour, elle dut rester couchée et les abcès, les névralgies, la gangrène furent désormais son lot. Elle connut cette vie de souffrance durant 30 ans. En contrepartie, Dieu lui accordait ses faveurs célestes, extases et ravissements. Tant était grand le bonheur qui en découlait pour elle, qu'elle se tenait pour être une femme vraiment heureuse.

 


Bx Lucien Botovasoa (1908-1945)

Lucien Botovasoa est le fils d'un père baptisé en 1902, l'un des tout premiers chrétiens malgaches. Il est l'aîné de neuf enfants. Élève de l'école catholique, il sera baptisé en 1922. Il poursuit ses études chez les jésuites d'où il revient avec une formation d'instituteur en 1928. En 1930, il épouse Suzanne Soazana, dont il aura huit enfants ; cinq seulement survivront. Instituteur dynamique, il se fait chanteur, catéchiste et entraîneur sportif à l'occasion. Autour de lui les conversions se multiplient et il est apprécié de tous. Sa réussite sociale suscite des jalousies. Engagé dans sa foi, il aide son curé dans la vie paroissiale. Après avoir découvert un manuel de vie franciscaine pour les laïcs, il fonde la première communauté de tertiaires franciscains malgaches. Dès lors, nombreux sont ceux qui le rejoignent dans son groupe et Lucien redouble de piété et de pauvreté. Devenu directeur de l'école, il s'habille pourtant pauvrement, dans l'esprit franciscain. Il vit dans une grande austérité, jeûne deux fois par semaine, prie toute la nuit et se rend à l'église dès quatre heures du matin pour l'adoration eucharistique, puis assister à la messe. Le week-end, il fait des tournées d'évangélisation dans les campagnes voisines. Tout cela lui vaut des reproches de sa femme et des milieux traditionnels malgaches. Après la Seconde Guerre mondiale, Madagascar connaît une période de troubles politiques et réclame son indépendance. Considéré comme traître parce qu'il est l'ami des missionnaires français et qu'il propage leur religion, Lucien Botovasoa est enlevé par un groupe de traditionalistes. Il sera battu avant d'être décapité. Quelques mois avant sa mort, il avait prédit à sa femme et à ses amis son futur martyre.

Ramana Maharshi (1879-1950)

« Se transformer soi-même, c’est transformer le monde entier. Le soleil brille, tout simplement. Parce qu’il brille, le monde entier est plein de lumière. Se transformer soi-même est un moyen de donner de la lumière au monde entier. »

Venkataraman naît dans le sud de l’Inde (Tamil Nadu). Enfant, il apprend l’anglais à l’école de missionnaires américains. À seize ans, en parfaite santé, il est saisi d'une profonde peur de la mort. S'allongeant sur le sol, il mime sa mort et l'état de cadavre. Le choc de cette expérience provoque une libération et il se rend compte que la mort ne concerne que son corps. Il se rend alors dans un temple à Tiruvannamalai où il reste presque immobile pendant plus de deux ans dans un état de total détachement. On doit lui donner à manger pour qu'il ne meure pas de faim. En 1899, il se retire dans une grotte de la colline sacrée d'Arunachala. En 1922, il s'installe au pied de la colline dans l'ashram géré par sa mère et son jeune frère. Sa présence attire de nombreuses personnes en quête spirituelle. Sa rencontre avec le pandit Ganapati Shastri marque le début de sa vie publique : ce dernier lui donant le nom de « Bhagavan Sri Ramana Maharshi », Bhagavan signifiant « divin » et Maharshi « grand sage ». Sa réputation dépasse progressivement les frontières et il devient, malgré lui, un maître spirituel pour de nombreux disciples. Il est considéré par certains, comme un des plus grands sages de l'Inde du XXe siècle. Les pères Henri Le Saux et Jules Monchanin reçoivent son darshan en 1950, peu avant sa mort. Il a très peu écrit et certains de ses enseignements oraux, basés principalement sur ses réponses aux questions qu'on lui posait, ont été transcrits et publiés. Il se mettait au niveau de celui qui posait la question et s'appuyait souvent sur divers textes sacrés en les illustrant par des exemples de la vie courante. Afin de les inciter à méditer sur l'aspect illusoire de l'ego, il leur répond souvent : « Qui pose cette question ? », c'est-à-dire « Qui suis-je », moi qui pose la question, si ce n'est, en dernière analyse, le Soi (Âtman) ? Par ailleurs, son enseignement était souvent silencieux : « le silence est éternelle éloquence », disait-il. L'aura de paix qui émanait de lui était telle que sa simple présence suffisait à dissiper bien des questionnements au profit d'une intériorisation salutaire.

Starets Thaddée de Serbie (1914-2003) (CJ : 1er avril)

Celui qui devint le starets Thaddée connut une enfance douloureuse. Né prématuré, sensible et de constitution fragile, il perdit tôt sa mère. Trop différent des autres enfants, son isolement est déjà visité par la Présence divine. Il entre au monastère à dix huit ans, alors qu'il est condamné, selon la médecine, à cinq ans de vie. Il entre donc au monastère de Miljkovo où s’étaient réfugiés des moines russes venus du monastère de Valaam, et c’est là qu’il eut le privilège d’être formé à la vie spirituelle par l’archimandrite Ambroise, fils spirituel de st Ambroise d’Optino. Il y entra plein de zèle, pensant ne rester sur terre que peu de temps. Mais il guérit, gardant toutefois pour le restant de sa vie une fragilité tant physique que psychique (il parle souvent de "ses nerfs" fragiles et abîmés). Sa vie de moine ne fut pas simple, traversant des guerres et envoyé comme higoumène (responsable) dans différents monastères, ce qui le fatiguait beaucoup. Il connut à mesure qu'il se coulait dans la volonté divine, la paix et la joie qui attirèrent à lui de plus en plus de personnes assoiffées de Dieu. Tout son enseignement repose sur la garde des pensées par la prière de Jésus, ne laissant que les bonnes pensées entrer et sortir du coeur, permettant ainsi d'agir sur le monde en lui transmettant la paix, la joie et l'amour divins. Après une hémorragie cérébrale et une longue maladie, le starets Thaddée s'endormit dans le Christ dans la nuit du 13 au 14 avril 2003 (31 mars/1er avril du calendrier julien).

Vidéo entretien avec le starets Thaddée

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