6 avril

(4 références)

 

 St Notker le Bègue (v. 840-912)

enluminure médiévale

Notker naît vers 840 dans une famille aisée, probablement à Jonschwil, sur la Thur, au sud de Wil, dans l'actuel canton de Saint-Gall (Elgg est également évoqué par certaines sources. Il étudie à l'école monastique de Saint-Gall, où enseignent Iso et Moengall (ancien abbé de Bangor dont il commente les textes). Il y devient l'ami de Tuotilo. Moine, il y devient un professeur de renom et rédige son œuvre littéraire presque entièrement entre 880 et 888. Il est également cité comme bibliothécaire en 890 et comme maître d'hôtes de 892 à 894. Ekkehard IV, biographe des moines de Saint-Gall, fait son éloge et le dit "délicat de corps mais pas d'esprit, hésitant par la langue mais pas par l'esprit, avançant avec courage dans les domaines du divin, instrument du Saint-Esprit sans égal en son temps.

St Grégoire le Sinaïte (+1346)

Né dans une famille aisée non loin de Smyrne, il fut capturé avec d'autres chrétiens par les Turcs Seljoucides qui ravageaient alors toute l'Asie Mineure. Ayant réussi à payer leur rançon grâce à des chrétiens amis, ils furent libérés et St Grégoire se rendit à Chypre, puis au Sinaï pour y trouver la solitude qui rapproche de la présence de Dieu. La jalousie s'installant entre les moines, il préféra quitter le monastère de Sainte-Catherine plutôt que de briser l'unité. Après un pèlerinage en Terre Sainte, il trouva une grotte pour se retirer dans l'île de Crète. Il préféra finalement le Mont-Athos au monastère de Philotheou, où il put pratiquer l'hésychia et la prière contemplative. Ses écrits spirituels forment d'ailleurs une partie fondamentale de la "Philocalie". De nouvelles invasions des Turcs le mirent dans l'obligation de quitter quelque temps la Sainte Montagne. Durant les dernières années de sa vie de nombreux disciples rayonnèrent sa spiritualité. Ils étaient Grecs, Bulgares, Serbes, Roumains. Ils s'appelaient St Cyprien de Kiev et St Euthyme de Tirnovo. On peut dire que St Grégoire le Sinaïte est la source de ce vaste mouvement hésychaste que Byzance allait bientôt léguer au monde slave comme son héritage le plus précieux.

 Bse Catherine de Pallanza (+1478)

icône contemporaine

Seule rescapée de sa famille lors d'un épidémie de peste à Pallanza en Italie, à l'âge de vingt ans, elle décida de se consacrer à Dieu, fut gratifiée d'apparitions du Christ et devint ermite dans un sanctuaire marial alpin près de Varèse. Elle s'attira des compagnes, et la communauté ainsi formée suivit la règle de St Augustin.

 

 Daniel Bourguet (1946-2026)

Daniel venait d’un milieu pastoral et théologique réformé, mais sa vision s’était élargie à mesure qu’il rencontrait d’autres traditions, en particulier celle de l’Église d’Orient et des Pères de l’Église. L'approche de Daniel combinait un haut degré d'érudition et une vie contemplative et pastorale. Il commença par étudier la théologie en Suisse et en Allemagne, avant de passer une année supplémentaire à Jérusalem où il rencontra des moines pour la première fois. Il fut ensuite coopérant à Madagascar, en tant qu' enseignant. À son retour en France en 1972, il devint pasteur de l'Église réformée française dans le sud-ouest du pays. Au fil du temps, Daniel commença à enseigner à l'Institut protestant de théologie de Montpellier. Alors qu’il était encore pasteur, Daniel écrivit sa thèse de doctorat sur les métaphores dans le livre de Jérémie. En 1987, il quitta son poste de pasteur, et en 1991 devint le prieur de La Fraternité Spirtuelle des Veilleurs, mouvement de laïcs et de pasteurs engagés dans une vie régulière de prière et de lecture de la Bible, fondé en 1923 par Wilfred Monod. Mais Daniel voulait aller plus loin, et avait le désir de fonder une véritable communauté monastique protestante. Cela le conduisit à rejoindre un monastère cistercien près de Lyon pour se former, mais la communauté envisagée ne s'est pas concrétisée. Il décida alors de poursuivre seul la vie contemplative, et se fit ermite dans les Cévennes en 1996. Il s'installa aux Abeillères dans le Gard, un lieu de la communauté de Pomeyrol, pour y vivre une vie de prière en solitude et effectuer un travail d’écriture, afin de mettre à disposition de beaucoup le trésor spirituel hérité du monachisme et des Pères. Lorsque les sœurs de Pomeyrol prirent la décision de quitter les Abeillères en 2003, elles proposèrent à Daniel de prendre la suite. Les Abeillères se transformèrent alors en « Fraternité des Abeillères », lieu de retraite et d’accueil ouvert aux personnes de toutes origines ecclésiales, dans le silence pour celles souhaitant vivre une retraite spirituelle. Daniel y œuvra jusqu’au printemps 2020, soutenu par la Fraternité des Veilleurs (il avait quitté ses fonctions de prieur en 2012). Il y recevait aussi les personnes en demande d’accompagnement spirituel. Il disait volontiers : «un reclus vit enfermé chez lui, un ermite a oublié où il a posé sa clé !»

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