13 juillet

(5 références)

 

  Ste Golindouch (VIème siècle)

icône contemporaine

Fille d'un mage perse, elle fut mariée à un adepte de la religion mazdéenne. Elle préférait le Christ. Aussi, elle prétexta une visite à ses parents pour quitter son époux et se faire instruire des vérités chrétiennes. Baptisée, elle reçut le nom de Marie. Revenue auprès de son mari, celui-ci voulut lui faire renier le Christ, mais en vain. Elle fut condamnée à la "prison de l'oubli", parce qu'on ne pouvait ni parler, ni même dire son propre nom. Elle y resta dix-huit ans. Libérée, elle connut d'autres tortures mais, profitant d'un convoi de prisonniers qui la conduisait en un autre lieu, elle réussit à s'enfuir et à rejoindre Hiérapolis où elle s'endormit dans la paix de Dieu.

 Ste Mildred (VIème-VIIème siècle)

icône contemporaine

Elle était l'une des trois saintes filles du roi Merewalh de Magonsaete, un sous-royaume de Mercie, et de Ste Ermenburge, princesse de Mercie. Sa famille maternelle de entretenait des liens étroits avec les souverains mérovingiens de Gaule, et on dit que Mildred fut éduqué à la prestigieuse abbaye royale mérovingienne de Chelles, en Ile-de-France. A son retour, elle prit l'habit des mains de St Théodore de Cantorbery, entrant à l’abbaye de Minster-in-Thanet, fondée par sa mère, dont elle devint abbesse en 694. Miséricordieuse, tempérée et paisible, c'est l'une des saintes les plus populaires du Moyen Âge anglais. Mildred reposa quelque temps après 732 et fut enterré dans l’église abbatiale Sainte-Marie.

  Ste Dinar (Xème siècle) (CJ : 30 juin)

icône géorgienne contemporaine

Dinar était la fille du souverain de Tao-Klarjeti, Adarnase III de Tao. Reine d'Héréti (province de Géorgie), avec son fils Ishkhanik, elle convertit son peuple à la foi chrétienne orthodoxe, s'opposant au monophysisme. Le roi Ishkhanik et la reine Dinar participèrent à la cérémonie organisée à l’occasion de l’élection du nouveau catholicos d’Albanie en 962. Elle lutta contre le roi des perses, qui exigeait tribut. Elle s'y opposa courageusement, répondant que le roi de Perse ne pouvaitt usurper le pouvoir qui lui avait été conféré par le Seigneur. Dans un discours enflammé, Ste Dinar encouragea ses nobles hésitants et, après un pèlerinage dans un monastère, marcha à la rencontre des Perses. Une reine en armure, chevauchant une monture blanche au galop et tenant une épée levée, mèna son armée au combat, remporta une victoire écrasante et fit décapiter le roi perse. Après l’an 1000, la reine Dinar d’Héréti n’eut d’autre choix que de rejoindre une Géorgie unie sous le roi Bagrat. Lors de la campagne de ce dernier contre le royaume d’Héréti, elle fut capturée à plus de 90 ans.

Saints Henri II et son épouse Cunégonde (973-1024 et +1033)

enluminure ottonienne

 Il était le fils du duc de Bavière et, en raison de la mort prématurée de son parent Otton III, il fut couronné empereur germanique. Comme tel, il régna sur l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et l'Italie du Nord. Il épousa Ste Cunégonde de Luxembourg. Elle ne pouvait avoir d'enfants. Henri refusa de la répudier, fait inouï à cette époque et dans une société où la stérilité, surtout dans la noblesse, était une cause ordinaire de répudiation. L'une de ses deux préoccupations majeures fut l'unité du Saint-Empire romain germanique pour laquelle il dut beaucoup guerroyer. L'autre fut de réformer les habitudes de la Papauté, avec l'aide du roi de France, Robert le Pieux, en un siècle qui vit quatorze papes sur vingt-huit, être élus sous la seule influence des reines et des femmes. Dans le même temps, il renforça l'influence de l'Eglise sur la société, fonda l'évêché de Bamberg et, oblat bénédictin, il soutint la réforme entreprise par les moines de Cluny. Privé d'héritier, il institua le Christ comme son légataire de ses biens. A sa mort, Ste Cunégonde se retira à l'abbaye de Kaffungen qu'elle avait fondée.

Kurt Huber et St Alexandre Schmorell (+1943)

 

 Le 25 février 1943, Josef Goebbels, ministre de la propagande nationale-socialiste, notait en passant dans son journal : "A Munich, quelques étudiants ont été démasqués comme ennemis de l'Etat. Ils ont mené une vaste campagne contre la guerre, ont été traduits devant le Volksgerichtshof et condamnés à mort. J'approuve que les sentences capitales soient exécutées" . Et trois mois plus tard, alors que Hans et Sophie Scholl et leur compagnon Christoph Probst avaient déjà été guillotinés, le procureur général du Reich, Ernst Lautz, s'opposa catégoriquement devant Volksgerichtshof (Tribunal du peuple) à gracier Alexander Schmorell, Willi Graf et le professeur Kurt Huber : "Le procès a pour objet une affaire qui traite sans doute du pire des cas de haute trahison propagandiste que le Reich ait connus pendant la guerre".

Alexandre fut arrêté deux jours après l'exécution d'Hans, Sophie et Christoph. Sa mère, morte très tôt, était russe et orthodoxe, son père allemand et protestant, avait épousé en seconde noce une catholique allemande. Tous trois était rentré en Allemagne alors qu'Alexandre n'avait que quatre ans, mais il fut élevé dans la tradition orthodoxe en l'honneur de sa mère. Il a été canonisé par l'Eglise russe hors frontière.

Kurt Huber était né en Suisse et enseignait la philosophie à l'université de Münich. Il encougea les étudiants dans leur volonté de résister, et contribua grandement à l'écriture des derniers tracts.

Leur procès eut lieu le 19 avril et ils furent guillotinés le 13 juillet. Alexandre avait vingt cinq ans et Kurt quarante neuf ans.

"En tant que citoyen allemand, professeur d'Ecole Supérieure et homme politique, j'estime que nous n'avons pas seulement le droit, mais le devoir moral, de coopérer à la formation du destin allemand, de dénoncer les maux notoires, et de les combattre...." (Kurt Huber)

« Mes chers papa et maman, Il n'y a rien à faire. Aujourd'hui, par la volonté de Dieu, il m'est donné d'achever ma vie terrestre, afin de passer dans une autre qui ne se terminera jamais et dans laquelle nous nous reverrons de nouveau. Que cette rencontre future soit votre consolation et votre espérance. Malheureusement, pour vous, ce coup est plus pesant que pour moi qui pars avec la conscience d'avoir servi mes convictions sincères et une action juste. Cela me permet d'attendre l'heure de la mort avec une conscience tranquille. Souvenez-vous des millions de jeunes gens qui quittent la vie là-bas, sur le champ de bataille. Leur destinée est la mienne. Un énorme et cordial salut à tous ceux qui me sont chers ! En particulier à Natacha, à Erich, à la nounou, à tante Tonia, à Marie, à Alionouchka et à André. Dans quelques heures je me trouverai dans un autre monde, meilleur, auprès de maman. Je ne vous oublierai pas et prierai le Seigneur afin qu'Il vous apporte le réconfort et la tranquillité. Je vous attendrai ! Je vous demande une chose : n'oubliez pas Dieu ! Votre Chourik
Le prof. Huber est avec moi : il vous transmet son salut cordial. »
(dernière lettre d'Alexandre, le 13 juillet 1943)

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