21 mai

(7 références)

 

L'Ascension

icône contemporaine

"Étant donc réunis, ils l’interrogeaient ainsi: "Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël?" Il leur répondit: "Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre." A ces mots, sous leurs regards, il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils étaient là, les yeux fixés au ciel pendant qu’il s’en allait, voici que deux hommes vêtus de blanc se trouvèrent à leurs côtés; ils leur dirent: "Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel? Ce Jésus qui, d’auprès de vous, a été enlevé au ciel viendra comme cela, de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel." (Ac 1, 6-11)

 

"Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut, après avoir uni les cieux et la terre et les hommes avec Dieu, dans la gloire, ô Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel sans pour autant nous délaisser, mais restant toujours parmi nous et disant à ceux qui conservent ton amour : Je suis toujours avec vous et personne à jamais ne peut rien contre vous." (kondakion)

"Tu es monté au Ciel en gloire, ô Christ notre Dieu. Tu as rempli de joie tes disciples, par la promesse du Saint Esprit. Ta bénédiction l'a rendu manifeste, c'est Toi le Fils de Dieu, et le libérateur du monde." (grande antienne)

Sts Constantin et Hélène (IIIe/IVe siècles)

icône contemporaine géorgienne

Les Eglises d'Orient fêtent tout spécialement et ensemble l'empereur et sa mère. L'Eglise en Occident les fête séparément. Hélène était l'épouse d'un obscur centurion romain à qui elle avait donné un fils. Mais voici que les circonstances font du centurion un empereur, Constance II. Jugée trop peu décorative par le nouvel empereur parvenu au pouvoir, elle fut répudiée sans autre forme de procès. Humblement, elle se retira, mais son fils lui resta fidèle et, quand il sera, lui aussi, devenu empereur en 306 sous le nom de Constantin, "égal des apôtres" comme l'appelle l'Orient chrétien, il rappellera sa mère et la comblera d'honneurs. On ne sait qui des deux devint chrétien le premier et convertit l'autre. Constantin mit définitivement fin aux persécutions, favorisa l'Eglise, convoqua le premier concile de Nicée, et bâtit à Rome une basilique sur le tombeau de St Pierre. Ste Hélène voulut voir la Terre Sainte, retrouva les reliques de la croix, et fonda des basiliques à Bethléem et au Mont des Oliviers. Tout cela conduisit Constantin à être placé aussi parmi les saints. Il l'est sans aucun doute car il monté tout droit au ciel ayant attendu l'heure de sa mort pour recevoir le baptême.

St Hospice (VIème siècle)

C'était un ermite installé dans les ruines d’une ancienne tour située près de Saint-Jean-Cap-Ferrat, dans les Alpes-Maritimes. En guise de mortification, il avait le corps enserré en permanence dans une lourde chaîne et ne se nourrissait que de dattes et de pain sec. Favorisé du don de prophétie il prédit l'invasion des Lombards, et en effet vers 575, ces derniers commencèrent à déferler sur la région, dévastant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Arrivés près de la tour de notre saint, et le trouvant ainsi enchaîné, ils le prirent pour un criminel. Un des barbares se saisit alors de son épée, mais au moment où il allait frapper, son bras devient si raide qu’il ne put plus bouger et laissa tomber son arme. D’un signe de croix, St Hospice le libèra, le barbare se convertit aussitôt et devint son disciple.

Ste Isbergue (IXème siècle)

Fille de Pépin le Bref, soeur du roi Charlemagne, elle avait eu le pape Etienne II comme parrain. St Venant, qu'elle avait choisi comme père spirituel, la décida à se consacrer totalement à Dieu, alors qu'elle était promise à l'empereur d'Orient, Constantin Copronyme. Elle refusa aussi le roi des Lombards. St Venant ayant été assassiné pour l'avoir soutenue, elle se construisit un ermitage sur le lieu de sa mort, à Aire-sur-la-Lys, dans le Pas-de-Calais, où elle passa les trente dernières années de sa vie.

 


St Godric (1069-1170)

St Godric de Finchale naquit dans une modeste famille de Walpole, dans le comté de Norfolk, en Angleterre. Marchand ambulant, il effectuait de nombreux voyages, se déplaçant de ville en ville pour vendre dans les foires. Arrivant un jour à Lindisfarne et vivement impressionné par ce qu’on lui dit de St Cuthbert, il décida d'entrer en religion. Il effectua d’abord un pèlerinage à Jérusalem (en faisant un détour par Saint-Jacques de Compostelles), puis un autre en France et à Rome et rentra ensuite en Angleterre où il s’installa comme ermite avec un compagnon nommé Godwin. Deux après, Godwin étant décédé, il partit se fixer dans le désert de Finchale, s’astreignant à de grandes austérités. Après quelques années sa retraite fut découverte, et la renommée de sa sainteté se répandit, attirant de nombreux pèlerins. Il entretenait avec les animaux de la forêt des liens privilégiés, leur procurant soins et protection. Au bout de plus de soixante ans passés dans la forêt, il tomba malade et mourut peu de temps après. Sa renommée était si grande qu'on le vénéra dès le lendemain de sa mort.

St Eugène de Mazenod (1782-1861)

icône contemporaine

Eugène de Mazenod, naquit dans une famille noble à Aix-en-Provence. Il vécu en exil en Italie durant la Révolution française et revint en France en 1802. Le Vendredi Saint 1807, il fut touché par le Christ qui l’invita à réorienter sa vie de façon radicale et définitive, et devint alors « missionnaire des pauvres ». Ordonné le 21 décembre 1811, il réunit quelques années après autour de lui un groupe de prêtres. Ensemble, ils voulaient « travailler au salut des âmes abandonnées ». Les missionnaires de Provence se mirent au travail, parcourant les villages et accueillant les pèlerins. Dans cette tâche apostolique, la Vierge Marie était toujours présente : les missionnaires de Provence la considèraient comme leur mère. Le 17 février 1826, le pape Léon XII reconnut officiellement leur Congrégation :sous le nom de « Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée ». En janvier 1837, Eugène de Mazenod fut nommé Évêque de Marseille, et jusqu’à sa mort, les pauvres furent sa priorité. Sous son impulsion, les institutions charitables se multiplièrent. Dans ce diocèse, supprimé par la Révolution française et rétabli seulement en 1823, tout est à réorganiser. Sept communautés d’hommes et vingt-quatre communautés de femmes virent le jour dans son diocèse. Le nombre de prêtres passa de cent quarante à quatre cent dix huit. Pour répondre aux besoins de la cité qui voit doubler sa population, il créa vingt-deux paroisses, bâtit trente-quatre églises, dont la cathédrale et la basilique de Notre-Dame de la Garde. Entre temps, en 1841, alors que la Congrégation ne comptait alors que quarante pères et cinq frères, il envoya des Oblats pour le Canada à la demande de l’évêque de Montréal. Ce fut le prélude d’une héroïque épopée qui conduira les Oblats jusqu’au Cercle polaire. Suivant cet appel à « jeter les filets au grand large », Eugène de Mazenod finira par lancer ses Oblats outre-mer, l’Oregon et l’Ile de Ceylan, le Texas et le Mexique, et l’Afrique du Sud. Le 21 mai 1861 Eugène retournait à Dieu. Au moment de sa mort, il laissa une ultime recommandation : « Entre vous, pratiquez bien la charité ! La charité, la charité et dans le monde, le zèle pour le salut des âmes ».

St Cristobal Magallanes Jara (1869-1927)

Au Mexique, dès 1913, un décret ordonna la fermeture des églises et l'arrestation des prêtres. On interdit de dire "adios" ou "Si Dieu le veut", de sonner les cloches, d'apprendre à prier aux enfants ; on détruisit les églises, expulsa les congrégations religieuses, on mit hors-la-loi les organisations professionnelles non gouvernementales. L'enregistrement des prêtres fut rendu obligatoire. En 1924-1928, le général Plutarco Elias Calles, qui a juré de détruire la foi chrétienne, mèna une politique anticléricale et provoqua le soulèvement des "Cristeros" qui résistèrent. Ils affrontaient les régiments du pouvoir qui entraient à cheval dans les églises, profanaient le Saint-Sacrement, et se déchaînaient. Directeur prudent de ses frères prêtres, le p. Cristobal s'offrit pour fonder dans sa paroisse un Séminaire pour protéger, orienter et former les futurs prêtres. Il fut arrêté et exécuté avec vingt et un autres prêtres et trois laïcs, dont un jeune père de famille. Tous acceptèrent librement et sereinement le martyre comme témoignage de leur propre foi, pardonnant de façon explicite à leurs persécuteurs. Devant le bourreau qui allait le fusiller il eut la force de réconforter son camarade de martyre, le Père Agustín Caloca, en lui disant: "Reste tranquille, mon fils, seulement un moment et puis le ciel". Puis, en se tournant vers la troupe, il s'exclama: "Je meurs innocent et je demande à Dieu que mon sang serve pour l'union de mes frères mexicains."

Bhx Christian de Chergé et ses compagnons, moines trappistes de Tibherine (+1996)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

icône contemporaine

Le 21 mai 1996, un communiqué du Groupe Islamique Armé, organisation extrémiste algérienne, annonce qu’a eu lieu l’exécution des sept moines trappistes enlevés deux mois auparavant au monastère Notre-Dame de l’Atlas. C’est le point final d’un itinéraire de témoignage évangélique poussé jusqu’à rendre présent l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous, au cœur de la haine qui se répand entre les hommes. Le chemin des moines de l’Atlas avait commencé depuis longtemps, depuis 1938, par l’installation de certains d’entre eux dans la région de Tibhirine, pour témoigner, dans le silence, la prière et l’amitié discrète, la fraternité universelle des chrétiens. La communauté avait été très près de se fermer dans les années 60, mais elle avait connu un fort sursaut spirituel grâce à l’intervention directe de divers abbés français et grâce aussi à la direction du nouveau prieur, frère Christian de Chergé. C’est ce dernier précisément qui a laissé à la postérité des écrits de grande valeur évangélique, où transpire la "makrothymia", la magnanimité de celui qui, à l’exemple de son Maître, sait désormais voir l’autre, même l’ennemi, avec les yeux de Dieu. A ses côtés, ses frères Bruno, Célestin, Christophe, Luc, Michel et Paul furent là pour partager jusqu’à la mort toute joie et toute douleur, toute angoisse et toute espérance, pour donner totalement leur vie à Dieu et à leurs frères algériens. Lorsque les événements s’étaient précipités, ensemble, ils avaient décidé de rester en Algérie où ils avaient tissé des liens étroits de dialogue et d’approfondissement spirituel avec les musulmans de la région. La mort sanglante de ces moines a rappelé à l’attention des chrétiens d’Occident que le martyre est potentiellement présent dans toute vie vraiment chrétienne ; elle a transmis à tout homme capable d’écoute la conviction que seul celui qui a une motivation pour laquelle il est prêt à mourir, a une véritable motivation pour laquelle il vaut la peine de vivre.

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