29 août

(7 références)

 

  Décollation de St Jean le Précurseur

icône contemporaine

Jean, le dernier Prophète, n'a jamais mâché ses mots, pas plus quand il traitait les pharisiens de "races de vipères" sur les bords du Jourdain, que lorsqu'il rappelait à Hérode Antipas qu'il n'avait pas le droit de vivre avec Hérodiade, la femme de son frère Phlippe. A présent, il est en prison, car on n'a pas le droit de faire impunément des reproches publics aux grands de ce monde. Il sait qu'Hérodiade lui en veut à mort. Mais ce n'est pas ce qui le préoccupe. C'est Jésus. Est-il bien le Messie que lui, Jean, annonçait ? A-t-il eu raison de lui faire confiance, de lui donner ses propres disciples ? Sa conduite est si étrange. "Il tient dans sa main la pelle à vanner." Pourquoi ne vanne-t-il pas avec gloire et majesté ? La réponse est venue. Aux disciples de Jean venus l'interroger, Jésus a répondu :"Allez annoncer à Jean ce que vous voyez et entendez : les aveugles voient, les boîteux marchent ..." Jean n'a plus de doutes. Il peut à présent rendre le dernier témoignage. Il a bien rempli sa mission. C'est l'anniversaire d'Hérode. Salomé danse et envoûte le roi ivre : " Demande-moi tout ce que tu voudras, fut-ce la moitié de mon royaume." Ce sera la tête de Jean sur un plateau. Il précède ainsi là encore le Seigneur.

  Ste Sabine (IIème siècle)

icône contemporaine

Ste Sabine était originaire de l’Ombrie (Italie) et elle était la veuve d’un noble romain prénommé Valentin. Elle fut convertie au christianisme par sa servante, Ste Séraphie. Durant la persécution d’Hadrien, les deux femmes furent dénoncées au préfet et Séraphie fut exécutée immédiatement tandis que Sabine fut épargnée eut égard à son statut social, mais fut finalement exécutée à son tour l'année suivante. Une église bâtie à Rome en son honneur sur le mont Aventin en fit une sainte romaine très célébrée.

  St Merry (VIIème siècle)

 

St Merry fut offert à l'âge de treize ans au monastère de Saint- André d'Autun où il reçut toute son éducation, et où il se donna à Dieu pleinement. Les moines remarquèrent son intelligence et sa piété, et l'obligèrent à devenir leur abbé avec l'accord de l'évêque. Craignant l'orgueil, il alla se cacher dans une forêt près d'Autun, lieu qui garde le nom de La Celle-Saint-Merry. Les disciples se firent nombreux autour de lui et, toujours par recherche de la solitude, il se rendit à Champeaux en Brie près de Melun où il s'arrêta, malade. Mais dès sa guérison, il reprit sa marche vers Paris, pour être proche de la tombe de St Symphorien, fondateur de l'abbaye d'Autun qui se trouve dans l'Eglise de Saint-Germain des Prés. Il vécut en reclus, hors des murs de la ville, pendant trois années et s'en fut vers le Seigneur, vers l'an 700.

Ste Bronislava (1203-1259)

Cousine de St Hyacinthe de Pologne, elle entra à seize ans au monastère prémontré de Zwierzyniec, fondé par son grand-père maternel où elle voulait mener une vie humble et cachée. En 1241, les Tartares envahirent Cracovie. Croix en main, Bronislava rassura ses sœurs : "Ne craignez pas, la Croix nous sauvera". Elles furent sauvées, mais leur couvent détruit. Les hordes barbares avaient laissé désolation et misère. Puis, plus tard, ce fut la peste qui éprouva la population. Au milieu de ces désastres, Bronislava et ses sœurs furent des anges de consolation pour les éprouvés. Le peuple la considéra alors comme une mère, auprès de qui trouver un recours. La Croix était son arme et son bouclier. On la représente d'ailleurs toujours en adoration devant le Christ lui montrant sa croix. Dans les calamités, elle se retirait dans la solitude du mont Sikornik. Là, elle confiait à la miséricorde divine ses soucis et ceux de son prochain. C'est en cet endroit qu'elle mourut le 29 août 1259.

  St Constantin Brancoveanu (1654-1714) (CJ :16 août)

icône contemporaine

Né en 1654, St Constantin fut élevé par son oncle Constantin Cantacuzène et reçut une éducation raffinée. En 1688, il fut élu voévode de Valachie qu'il gouverna pendant vingt cinq ans avec douceur et patience, se comportant en toute chose dans l'esprit de l'Evangile. Et il réussit, malgré les pressions exercées par les Turcs, à élever son pays au rang des grandes puissances. Il fonda de nombreuses églises et monastères en Valachie. Agé de soixante ans, il fut arrêté à Bucarest le Grand Jeudi 1714, sur ordre du sultan Ahmed III, qui était avide de s'emparer de ses richesses. Mais, à leur grand dépit, les hommes du sultan ne trouvèrent dans le palais qu'un peu d'argent. Amené à Constantinople avec toute sa famille et son fidèle conseiller et trésorier, ils endurèrent toutes sortes de tortures et de mauvais traitements pendant quatre mois. Le juge proposa aux détenus d'avoir la vie sauve à la condition de se convertir à l'Islam, mais Constantin et ses enfants restèrent inébranlables dans leur confession de la vraie foi, et déclarèrent qu'ils étaient prêts à la mort. Condamnés à la peine capitale le jour de la Dormition, on les sortit de prison pour les conduire, pieds nus et vêtus d'une seule chemise, au lieu de l'exécution près du palais du Saraï, où se tenaient le sultan, son vizir et les ambassadeurs des grandes puissances européennes. Devant le cortège marchait le plus jeune fils du prince, Matthieu, âgé de douze ans. Les condamnés ayant été agenouillés en rang, le prince Constantin leur déclara: « Mes enfants, ayez courage! Nous avons tout perdu en ce monde. Sauvons au moins nos âmes, en lavant nos péchés dans notre sang... Voyez tout ce que le Christ a subi pour nous. Que votre foi glorieuse ne soit pas ébranlée en cette heure... »

p. Philippe Maillard (1920-2013)

"Ce qui m’importe, c’est l’extraordinaire densité que la Résurrection donne aujourd’hui à notre vie"

Né le 1er janvier 1920 à Lausanne, dans une famille de la haute bourgeoisie, il arriva très jeune à Tourcoing et étudia le droit, à la Catho de Lille. Avocat en 1940, il changea de robe en 1943, pour suivre une vocation précoce, et entra chez les dominicains. « J’avais le sentiment que la vie de prière était très intense et que je pouvais y mener des études sérieuses pour l’intelligence de la foi », déclarait-il il y a dix ans. Il rêvait d’être prêtre ouvrier, mais fut nommé aumônier des étudiants, puis prieur de la communauté domicaine de Strasbourg, de celle de Toulouse, avant de devenir directeur du centre international de la Sainte-Baume, en Provence. Sa rencontre avec le père Wresinski, fondateur d’ATD quart monde, le bouleversa. Il décida de s’installer parmi les pauvres, dans un quartier populaire. Il devint aumônier de prison à Loos, où il côtoya toutes les misères du monde. A sa manière, il inventa une nouvelle manière de vivre sa foi, auprès des plus défavorisés. Avec le frère Michel Froidure, il fonda la Communauté du 28, au 28 de la rue de Wattignies, à Lille-Moulins. La porte était ouverte à quiconque y frappait. "Ici, il n’y a plus nos baratins, le brillant ; mais l’authenticité de gens qui sont comme Dieu l’a été, confrontés à l’épreuve du quotidien." Tous ces abîmés de la vie, tous ceux qui les aidaient, croyants ou non, avaient leur place à la Communauté du 28. Son fondateur les accueillait dans la cuisine, dans la cour, dans la chapelle dont on poussait les murs, une fois par semaine. On y parlait librement, les dominicains y exprimaient leur message simplement, et Philippe encourageait ceux dont la parole était plus hésitante, leur permettait de se dire. Il l’a fait jusqu’au bout de ses forces, à quatre-vingt treize ans et demi, pour s’éteindre après une semaine d’hospitalisation, le 29 août.

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